Le pékinois, le chien des empereurs de Chine

Du yorkshire au rottweiler, du berger malinois au chihuahua, bon nombre de chiens tirent leur nom d’une ville, d’une région ou d’un état. Mais voici l’histoire toute particulière du pékinois…

Comme son nom l’indique, le pékinois est originaire de Pékin. Sa présence y est attestée bien avant l’an mil. Et pourtant, on ne vit jamais un pékinois dans les rues de la ville. Ces chiens étaient l’apanage de l’empereur et vivaient derrière les hauts murs de la Cité interdite.

Ce privilège, le pékinois le doit à son étrange physionomie. Une vieille légende raconte que ce drôle de petit chien à tête plate serait né des amours d’un lion et d’une guenon. Il est donc considéré comme un être surnaturel, ce qui lui vaut de vivre à la cour impériale. Où qu’il aille, l’empereur est toujours entouré de quelques-uns de ses chiens. Et lorsqu’il décède, ses chiens sont immolés afin de pouvoir l’accompagner dans la mort et le protéger dans l’au-delà.

Un jour d’octobre 1860, l’empereur Xianfeng quitte précipitamment son palais… Les Anglais sont aux portes de Pékin ! Pendant très longtemps, la Chine a cru qu’elle pouvait ignorer l’Angleterre et le reste du monde. Mais au fil des siècles, les Anglais se font de plus en plus pressants pour commercer avec l’Empire du Milieu. Ils voudraient importer son thé, sa soie, ses porcelaines… Alors, ils envoient plusieurs missions diplomatiques à Pékin. Les autorités chinoises sont inflexibles : elles ne veulent traiter ni avec les Anglais ni avec personne. La porte semble cependant s’entrouvrir lorsque les Britanniques proposent de l’opium venu des Indes. Les Chinois raffolent de l’opium. Et cela enrage l’empereur qui voit se développer un commerce avec l’étranger, ce dont il ne voulait pas. Il ordonne alors que l’on ferme les fumeries et que l’on détruise tous les stocks d’opium. Les Anglais prennent cette résolution pour une provocation et ils décident de partir en guerre contre la Chine. Nous sommes en 1839. C’est la Première Guerre de l’Opium, au terme de laquelle les Anglais obtiennent Hong Kong. Les Anglais sont de retour quelques années plus tard, pour une Seconde Guerre de l’Opium. Et cette fois, en 1860, ils montent jusqu’à Pékin…

L’empereur meurt de chagrin

 À l’époque, l’empereur, Xianfeng, réside dans son Palais d’Été, à quelques kilomètres de la ville. Pressentant le danger, il décide de s’enfuir. Et il fait bien ! Parce que les Anglais, accompagnés des Français, vont piller, saccager puis incendier ce palais qui était une merveille de l’art chinois. Un capitaine britannique note : « Vous pouvez à peine imaginer la beauté et la magnificence des lieux que nous avons brûlés ».

Pour l’une des toutes premières fois, ce comportement d’une armée européenne à l’autre bout du monde fait d’ailleurs scandale. Victor Hugo écrit : « Nous, Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous, les Chinois sont les barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie ».

L’empereur Xianfeng

De ce massacre du palais impérial ne réchappent que cinq petits chiens. Des petits chiens qui paraissent bien étranges aux yeux des Anglais, et qu’ils vont donc décider de ramener chez eux, en Angleterre. L’un de ces chiens, que l’on appelle désormais « pékinois », est offert à la reine Victoria. Tandis que les quatre autres sont pris en charge par des éleveurs qui, au gré des années, vont permettre à la race de s’installer dans nos contrées.

 

À Pékin, c’est un peu le début de la fin. L’empereur meurt l’année suivante – de chagrin, dit-on. Sa concubine, Cixi, devient impératrice douairière et, à ce titre, elle possède elle aussi quelques « chiens-lions », comme on les surnomme là-bas. Lorsqu’elle décède, en 1908, dans la Cité interdite, tous les chiens encore vivants sont sacrifiés. Et c’est ainsi que le pékinois, ce petit chien un peu surnaturel qui avait fait le bonheur de tant d’empereurs, disparaît définitivement de Pékin.

De ce massacre du palais impérial ne réchappent que cinq petits chiens. Des petits chiens qui paraissent bien étranges aux yeux des Anglais, et qu’ils vont donc décider de ramener chez eux, en Angleterre. L’un de ces chiens, que l’on appelle désormais « pékinois », est offert à la reine Victoria. Tandis que les quatre autres sont pris en charge par des éleveurs qui, au gré des années, vont permettre à la race de s’installer dans nos contrées.

 

À Pékin, c’est un peu le début de la fin. L’empereur meurt l’année suivante – de chagrin, dit-on. Sa concubine, Cixi, devient impératrice douairière et, à ce titre, elle possède elle aussi quelques « chiens-lions », comme on les surnomme là-bas. Lorsqu’elle décède, en 1908, dans la Cité interdite, tous les chiens encore vivants sont sacrifiés. Et c’est ainsi que le pékinois, ce petit chien un peu surnaturel qui avait fait le bonheur de tant d’empereurs, disparaît définitivement de Pékin.

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