Bucéphale, le cheval indomptable d’Alexandre le Grand

Alexandre le Grand, lorsqu’il eut douze ans, reçut de son père un  qu’il nomma Bucéphale, ce qui signifiait « tête de taureau ».

Cet animal était soi-disant indomptable, il était si fougueux que personne n’avait jamais réussi à le monter. Alexandre, qui avait déjà pris part à des batailles et était un cavalier émérite, releva le défi. Il dompterait l’indomptable. 

Il commença par étudier le comportement du grand cheval noir, cherchant sa faille. Il s’aperçut alors que l’animal avait peur de son ombre comme de celle des hommes qui s’approchaient de lui. Tendre et cajoleur, le jeune homme parvint à placer le cheval face au soleil et l’enfourcha, le faisant galoper en tout sens avant de revenir vers son père. « Tu devras te chercher ton propre royaume, mon fils, la Macédoine est trop petite pour toi », fut le seul commentaire de Philippe de Macédoine, souverain visionnaire. À partir de ce jour, Bucéphale se laissa monter à cru par les valets, mais, quand il était paré du harnais royal, seul Alexandre était accepté. Le cheval se mettait alors à genoux pour aider son maître à monter.

Pendant presque vingt ans, Alexandre et Bucéphale combattirent ensemble. L’une de leurs plus grandes victoires fut celle gagnée sur Darius le Grand, empereur des Perses, à Issos, en 333 av. J.-C. Le couple légendaire étendit les frontières de l’Empire grec de l’Égypte, où le roi fonda la ville d’Alexandrie, à l’Inde. L’illustre Grec et sa monture devinrent les maîtres d’une grande partie du monde connu de l’époque, contribuant à la diffusion de la culture hellénistique parmi tous les peuples conquis. Même les plus belles histoires ont une fin et celle d’Alexandre et de son inséparable Bucéphale se termine, comme on peut s’y attendre, à la guerre : celle qui opposa Alexandre à Pôros, roi indien du Pendjab, lors de la bataille de l’Hydaspe, en l’an 326 av. J.-C. Bien que mortellement blessé, le vaillant Bucéphale ne permit pas à Alexandre de monter un autre cheval, et, réunissant ses ultimes forces, mena son auguste maître à la victoire. La bataille gagnée, couvert de sang et de sueur, il s’allongea enfin pour succomber à ses blessures. Alexandra fonda, en son hommage et sur son tombeau, la ville de Bucéphalie, dans l’actuel Pakistan.

Alexandre domptant Bucéphale. (Andre Castaigne)